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Par Pasteur Melo Nzeyitu Josias


Harry Potter le sorcier : une très longue tradition

L'un des préjugés les plus coriaces qui colle à la peau de l'Afrique et des Africains est celui de la sorcellerie. C'est simple: le plus sage des Boshimen, celui qui connaît le mieux les secrets de la nature, qui peut soigner des maladies que la médecine occidentale malgré ses microscopes, scanners et autres lasers ne parvient pas à guérir, est péremptoirement relégué dans la catégorie de "sorcier africain".

Bref, la sorcellerie, les enchantements, la magie et toutes pratiques similaires sont assimilés à la culture et aux traditions africaines.


Cela laisserait entendre --ce que les missionnaires n'ont pas manqué de souligner dans leur "mission civilisatrice" -- que la sorcellerie n'a jamais existé en Europe, qu'elle est étrangère à la culture occidentale, qu'elle est d'essence exogène à la mentalité blanche.


Mais alors comment expliquer le succès phénoménal des livres et séries télévisées comme Harry Potter ou Sabrina-l'apprentie-sorcière ? Avec plus de 150 millions d'exemplaires vendus dans le monde et traduits dans une cinquantaine de langues, le petit sorcier anglais Harry Potter a fait de son auteur, Joanne Rowling, une milliardaire dont la fortune surpasse celle de la reine d'Angleterre !


Bien sûr, ce succès peut s'expliquer par le fait que l'auteur sait captiver ses lecteurs grâce à une plume alerte et une intrigue haletante; bien sûr, dans un monde réel souvent terne et triste, Harry Potter permet d'exercer l'imagination des lecteurs --souvent des petits enfants-- en les projetant dans un monde fabuleux où les lois de la nature sont temporairement abolies ou apprivoisées.

Le spiritisme --à savoir la communication avec les morts et les esprits--, l'astrologie, la chiromancie --lecture des lignes de la main--, la lévitation --le fait de flotter en l'air en défiant les lois de la pesanteur--, les voyages astraux (dans le temps ou hors du corps), en un mot l'occultisme et le satanisme, rencontrent un succès croissant et inquiétant au sein de la société occidentale.

En grattant le vernis du christianisme, on découvre que l'Europe est, à bien des égards, restée païenne. D'où la facilité avec laquelle elle se détourne de plus en plus de la voie tracée par Jésus-Christ pour retrouver ses vieilles racines, en prônant plus ou moins ouvertement un retour à la magie blanche.

Faire le distingo entre "magie blanche" et "magie noire" n'est qu'un leurre car les deux formes de pratique sont "bonnet blanc et blanc bonnet". En effet, elles font appel aux mêmes forces occultes que la Bible appelle "esprits méchants":

"Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes" (Éphésiens 6:12).

La sorcellerie à l'européenne, qui nous a inspiré à un frère, Sylvestre Kavungu et à moi, le néologisme  leucosorcellerie, a depuis des temps immémoriaux causé des dégâts incalculables. L'éventail des produits induits par cette leucosorcellerie est extrêmement vaste, étant donné que j'intègre dans cette catégorie tout ce que la communication avec "les princes du monde des ténèbres et les esprits méchants dans les lieux célestes" a pu inspirer aux Européens, ceux vivant sur le continent comme ceux ayant émigré aux quatre coins cardinaux du monde.

1) La leucosorcellerie = L'invention de la crucifixion

L’Afrique, qualifiée de barbare, sauvage et primitive, n'a pas inventé le supplice de la croix. Les ressorts de la pensée africaine ne permettent pas d'imaginer une seule minute l'invention d'un instrument de torture aussi "sophistiqué", aussi "raffiné", aussi cruel, aussi --disons le mot-- diabolique !

Donc quelqu'un doté d'un cerveau et d'un cœur humains comme vous et moi, qui certainement excellait dans le métier de la menuiserie ou de la charpenterie, s'est un jour assis à sa table de travail et s'est dit: "Je vais utiliser l'intelligence dont m'a dotée la nature --je suis sûr et certain que cet individu ne croyait pas en Dieu-- pour inventer un appareil de mort qui restera dans les annales de l'histoire de l'humanité comme l'un des plus pervers qui soit."

Et le voilà traçant des croquis, faisant des calculs, supputant des hypothèses, se triturant les méninges pour savoir quel était le meilleur angle de pénétration et la dimension des clous la plus techniquement viable pour faire tenir les mains et les pieds du crucifié contre le bois... Il faut que les jambes du condamné soient tournées d'un côté, obligeant le bassin à former un angle droit avec le torse; pour cela, il faut raboter un peu par ici, scier un peu par là...

Ah! dut-il se dire au cours de ses cogitations, ne pas oublier d'inclure une pièce de bois triangulaire --la sedula-- à hauteur des reins afin que le supplicié soit incapable de trouver une position lui permettant de respirer correctement à cause de l'angle des bras et de leur extension.
Le but est de magnifier la souffrance tout en la prolongeant au maximum pour faire durer --si vous me passez l'expression-- le plaisir.
A cet égard, les historiens romains rapportent la résistance de plusieurs jours de certains gladiateurs de l'armée de Spartacus, crucifiés au nombre de 6000 le long de la via Appia, reliant Capoue à Rome. Mais revenons à notre expert en menuiserie...

Cet habile artisan imagine, pour certains condamnés dont la mine patibulaire ne reviendrait pas du tout au bourreau, la perspective d'une crucifixion la tête en bas et il prépare un schéma bis en conséquence !

Une fois le dispositif au point, il faut -- n'est-ce pas -- ne pas oublier de soumettre la question au législateur car comme chacun sait l'Européen, le Romain de cette époque en particulier, aime à légiférer. Drapé dans son manteau de justicier, tirant la langue à force de concentration, le magistrat romain fixe les règles de la crucifixion : il s'agit d'une peine infamante qui sera appliquée à ceux qui troublent l'ordre public à l'exception des citoyens romains --la préférence nationale, déjà !--, sauf le légionnaire qui même s'il est Romain y aura droit quand même...

Il s'agira d'une peine de droit commun mais on y inclura exceptionnellement des condamnés politiques --le cas de Jésus de Nazareth qui n'a été accusé d'autre crime que de s'être prétendu roi à la place de César --pour les Romains-- et fils de Dieu, pour les Juifs...

Le législateur poursuit: "Le criminel sera condamné non à porter la croix en elle-même mais à traîner le patibulum, à savoir le tasseau transversal de cette dernière. Dans le cas où les circonstances exigeraient une mort rapide --alors que tout a été élaboré afin de faire durer le "plaisir" comme mentionné plus haut--, il est prévu de briser les tibias des crucifiés. Ne pouvant plus prendre appui sur leurs jambes, s'ensuivra une privation d'oxygène qui tétanisera l'ensemble des muscles entraînant la mort par asphyxie en quelques minutes..."

A la lumière de ce qui précède, je me permets de vous poser cette question: "Le supplice de la croix est-elle d'inspiration humaine --dans le sens où l'humanisme est la philosophie qui place l'homme et les valeurs humaines au-dessus de toutes les autres valeurs -- ou d'inspiration satanique?"

La réponse à cette question s'impose d'elle-même: elle est d'essence indiscutablement, indéniablement satanique. En tant que telle, la crucifixion tombe dans le concept de ce que j'ai défini comme la leucosorcellerie.

L'Africain que je suis peine à comprendre pourquoi moi qui n'ai pas inventé la crucifixion, ni aucun supplice dont le but est de mettre son prochain à mort dans les pires souffrances en prolongeant au maximum ce morbide plaisir, suis qualifié de sauvage et de primitif. Alors que ceux qui ont imaginé cette abominable torture et ont légiféré là-dessus dans des textes contenus dans leurs livres de lois se considèrent comme "civilisés" et d'essence supérieure.

Comme j'ai eu l'occasion de le souligner, Jésus-Christ ne pouvait en même temps se préfigurer comme bourreau et victime: les deux équipes ne peuvent point porter le même maillot. Le Christ a été victime de ce supplice diabolique, relevant de la sorcellerie. Il portait donc le maillot couleur ébène de la victime. Bourreau, il ne pouvait être, lui qui contemplait tristement les Romains lui enfonçant à coups de marteau les clous dans les mains et les pieds. Il les voyait dans leur maillot couleur albâtre, couleur du crâne symbolisant la mort, de ce crâne se calquant sur le Golgotha, la Colline où la leucosorcellerie a été exaltée comme jamais avant et jamais après.

2) La leucosorcellerie : les jeux de cirque démoniaques

Avant d'aborder le vif de notre sujet d'aujourd'hui, je remercie Sylvestre Kavungu, un frère lecteur assidu de ce blog pour sa contribution, que j'ai trouvé si intéressante que j'ai décidé d'en reproduire une partie, en italique:

"Je parlerais plutôt de "leucosorcellerie" --au lieu d'eurosorcellerie (ndr)-- d'autant plus qu'il s'agirait de la magie ou de la sorcellerie blanche en général. Quant aux instruments de supplice appliqués aux condamnés, (...) on se souviendra de l'histoire des persécutions contre les chrétiens sous les empereurs romains contenant des détails révoltants. Il s'agissait d'un répugnant acharnement à faire subir tous les tourments possibles et imaginables à ces gens qui se réclamaient de Dieu et qui voulaient professer leur foi. Toutes les tortures diaboliques furent appliquées aux martyrs : l'amputation des pieds et des mains, l'aveuglement, l'ablation de la langue, s'y ajoutaient les jeux sadiques : la suspension, des fouets à lanières munies de billes de plomb, des onglets de fer et des tringles de bronze déchiraient les chairs, des griffes de fer dénudaient les os, les corps étendus sur des chevalets ou des croix étaient lacérés avec des lames tranchantes, brûlés par des fers rougis, de l'huile bouillante, de la poix, de la résine ou du plomb fondu. Tout ceci était sans compter les "prémices" dont bénéficiaient les condamnés dans leurs cachots, privations de nourritures, avilissement, viols, perversions, etc... La crucifixion était courante et ne concerna pas uniquement les chrétiens. Ces actes barbares se déroulaient la plupart du temps dans les arènes où se déroulaient les jeux du cirque, mais parfois dans les rues, sur les places publiques ou devant les domiciles des chrétiens... Il fallut avoir l'esprit diaboliquement inventif et surtout "tordu" pour créer ces instruments qui n'avaient pour unique but que de faire souffrir, toujours plus, avec toujours plus de raffinements."

Dans la cage aux lions

Il peut crier victoire, Mark Scott-Crossley. Ce fermier blanc de la province du Limpopo, condamné en 2005 à une peine de prison à perpétuité, vient d’être libéré, jeudi (26/04/2012 - ndr), par les autorités sud-africaines. Accusé en 2004 d’avoir tué un de ses ex-employés noir et de l’avoir donné en pâture à des lions, il a d’abord purgé deux ans de sa peine à vie, avant que la Cour Suprême d’Appel revoie les charges en 2005 et ne le condamne plus qu’à 5 ans de rétention pour complicité. Finalement, il a été libéré cette semaine et demeure en liberté surveillée.

Nelson Chisale travaillait pour Mark Scott-Crossley. Deux mois après son licenciement, il était revenu sur les lieux pour récupérer quelques effets personnels. L’enquête de la police a démontré que son ancien patron l’a fait passer à tabac par d’autres employés armés de machettes, avant de le charger dans un pick-up et de l’emmener dans une réserve animalière. Là, il sera jeté aux lions blancs, une espèce très rare. Seuls des ossements et des vêtements tâchés de sang permettront plus tard de l’identifier (http://www.afrik.com/article15049.html).

Mark Scott-Crossley, ce Sud-Africain blanc qui a conduit un innocent à une mort aussi atroce, sans aucun remords, n'est que le digne descendant d'une longue lignée d'apôtres de la leucosorcellerie.

En effet, ils étaient parfois 200.000 --le triple d'un stade de foot moderne-- à se repaître du spectacle de la mort de dizaines, voire de centaines d'êtres humains jetés vivants en pâture aux fauves: tigres, lions, serpents, crocodiles et même taureaux et rhinocéros.

Cela se passait il y a des siècles dans la Rome qu'on nous vend comme un exemple de civilisation. Le Circus Maximus (le Grand Cirque) où se déroulaient la plupart de ces messes de leucosorcellerie était le plus ancien et le plus vaste de tous les cirques publics. Il se situait dans une sorte de cuvette entre les collines du Palatin et de l'Aventin. S'y déroulaient des combats de gladiateurs, des courses de chars et des batailles navales. Le sort des vaincus était décidé par la foule: lorsque celle-ci levait le pouce, elle indiquait par là souhaiter que le vaincu survive. Lorsqu'elle baissait le pouce et criait: "Jugula!", elle décidait la mise à mort du vaincu.

Cependant le clou du spectacle était le sort réservé aux chrétiens.

Imaginez une multitude innombrable rassemblée dans ce stade qui, pour l'occasion, devenait une immense cathédrale à ciel ouvert vouée au culte du "maître des ténèbres" et de ses suppôts, ces démons que l'Empereur de Rome et la majorité des Romains adoraient.

Ces démons exigeaient, comme dans l'antique Babylone, des sacrifices humains. Comme il est de coutume, plus ces sacrifices étaient sanglants, plus ils étaient cruels, plus ils étaient abominables et plus ces démons et leur maître exultaient.

Des familles entières de chrétiens étaient amenées dans le cirque, femmes, enfants et vieillards compris. Les suppliciés étaient entravés pour empêcher toute velléité de résistance ou de fuite. Souvent ils étaient déjà dans un état pitoyable, ayant subi en prison des tortures innommables, parmi lesquelles figurait parfois le gril (brûlés à petit feu).

La foule assoiffée de sang était au comble de l'excitation. "Panem et circenses" --du pain et des jeux-- c'est tout ce qui les intéressait. Pour se concilier les bonnes grâces de cette populace, l'empereur devait veiller à renouveler le "stock" des victimes comme un gardien de zoo le ferait de la viande destinée à nourrir ses fauves.

Lions, tigres ou taureaux préalablement affamés pendant des jours pour exacerber leur naturelle bestialité étaient lâchés sur les malheureux destinés à la curée. Et pendant d'interminables minutes, le cirque retentissait des grognements des fauves et des cris des victimes, couverts par l'immense clameur de la plèbe ravie du spectacle. Lorsqu'il ne restait plus sur l'arène maculée du sang des martyrs que des lambeaux de chair déchiquetés, les fauves repus étaient ramenés dans leurs cages et la foule satisfaite se dispersait en se promettant de ne pas rater le prochain "spectacle".

Le Seigneur Jésus parle dans une courte parabole de la paille et de la poutre: " Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil?
Ou comment peux-tu dire à ton frère: Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans le tien? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère" (Luc 6:41-42).

Des mœurs aussi ouvertement démoniaques n'ont été observées dans aucune contrée africaine. Et pourtant, que d'encre et de salive n'ont-elles pas coulé, les Européens stigmatisant la sauvagerie des peuples colonisés et vantant la "mission civilisatrice de l'homme blanc"?

Le Christ, celui aux yeux de qui nulle créature ne se cache, mais tout est à nu et à découvert (Hébreux 4:13) attendait son heure, l'heure de rendre des comptes. La phrase qu'il avait prononcée lors de sa rencontre avec Saul sur le chemin de Damas: "Pourquoi me persécutes-tu?" sous-entend qu'il s'identifie à chacun de ceux qui sont morts déchiquetés dans les cirques romains à cause de Son nom.

Une fois de plus, j'insiste sur le fait que Christ ne peut s'identifier à cette populace pétrie de leucosorcellerie. Il est la victime par excellence de ces pratiques sulfureuses et ne souhaite point être confondu avec les bourreaux.

3) La leucosorcellerie: le racisme et ses corollaires


Halloween, fête sorcière célébrée aux États Unis et en Europe au mois d'octobre, n'est rien d'autre que la nostalgie d'une religion païenne qui justifie le titre de notre article "La Leucosorcellerie".
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