Publié par fara

 

acko_d1map

Dernière carte du Royaume avant dislocation


 

Descendant d’une faction Kinlaza de Mbizidi, plus exactement installée à Mbembe. Il dut guerroyer fort avec un autre Kinlaza pour parvenir au pouvoir, sans d’ailleurs trop de pouvoir.

 

En 1839 L’Angleterre fit pression sur le Portugal pour arrêter la traite des esclaves. S’il faudra attendre encore 1851 pour que le Portugal admette officiellement la fin de ce commerce (en Afrique subéquatoriale). Il faudra encore deux ou trois décennies plus tard pour voir l’économie en Afrique centrale se convertir vers l’exportation de la cire, de l’ivoire, puis le commerce d’arachide et de cahoutchouc. Le grand témoin de cette époque sera Pierre VI. Ce changement bouleversa énormément les structures économiques (on s’en doute) mais surtout politiques du royaume.

 

En effet, contrairement à la traite négrière qui était en grande partie sous l’autorité de l’Etat, ce commerce nouveau permet à tout le monde, roturiers ou princes de transporter sa production jusque sur les côtes et d’en tirer un juste profit. Cela a permis la création de nouveaux regroupements humains, unis non pas au nom d’une allégeance à un prince, mais pour des intérêts strictement économiques. Ces villages riches et en mouvement devenaient incontrôlables. Les princes se sont révélés plus pauvres que certains bourgeois de leur contrées, et l’accroissement des impôts pouvait pousser le commerçant à choisir de les payer directement au roi et de demander la tête du gouverneur gourmant et sans doute fainéant. C’est la grande époque de la naissance du Kongo commerçant, et de la propagation du munsambu, poisson salé séché, car il permettait d’avoir des vivres conservables longtemps, durant les voyages du commerçant. La ville la plus plus puissante de ce renouveau commercial de la seconde moitié du XIXème était Makuta. Fondée vers 1855 par un riche commerçant du nom de Kuvo qui a fait fortune dans l’esclavage et la vente des étoffes européennes, elle prit une nouvelle dimension lorsque ce dernier s’associa à un autre grand du nom du commerce, Garcia Buaka Matu, qui lui était issu du nouveau négoce agricole qui proliférait. Ils créèrent un marché privé, dans leur village privé, avec leurs artisans privés, et on leur payait des taxes privées, à un carrefour devenu privé et stratégique! Il en a suffit de quelques années pour que Buaka Matu fasse vasciller le pouvoir du roi et menace même les portugais de se payer une armée entière pour les combattre, s’ils l’emmerdaient encore avec leurs histoires d’impôt. Il mourut en 1880 et Makuta (qui signifie « les fanfarons ») devint un marché et un village ordinaire. Nous ignorons si on s’en inspira pour nommer les subdivisions d’une monnaie au Congo Kinshasa.

 

Changement social également car c’est à cette époque que naissent les makanda traductible par « clan », qui regroupent des familles prétendant descendre d’un ancêtre commun, reconnu par les « mivila », le lignage. Ce sont des imitations par les gens du peuple de la structure familiale jusque là réservée aux nobles. Ces Makanda se présentent comme autant de réseaux commerciaux et solidaires reliant des gens par pure affinité en y ajoutant un fondement lignager totalement fictif. Selon des témoins des faits, à une époque ou nait l’anthropologie, ces clans suivent des tracés de routes commerciales: de Soyo à San Salvador, de Boma à Loutété, de Ndongo à Kimpumbu (actuel Kinshasa). Dans cette société désormais en mouvement, les « mvila », au delà de la solidarité, ont servi aussi à planter des attaches et à indiquer des sources sur l’individu. Comme autant de noms de famille, d’appartenance à une commune d’origine et de rattachement, ils ont précédé le principe de la fiche d’identité. Et jusqu’à ce jour, les kongo se définissent selon l’appartenance à ces lignages qui n’ont plus leur fonction.


A la même époque, une nouvelle tradition orale à propos de la fondation du royaume (souvent attribuée à Afonso Ier d’ailleurs), voit le jour au sein des masses populaires. Elle décrit comment ce roi obligea les fondateurs de chaque clan à se disperser dans les 4 coins du royaume, chacun avec sa mission. Aujourd’hui, ces légendes mythologiques racontant souvent les épopées de ses chefs fondateurs, mythiques ont remplacé dans la conscience collective l’histoire réelle du royaume telle que rédigée depuis 5 siècles. Hélas!


Ce sont ces révolutions brutales qui effriteront le royaume sous les pieds de Pierre VI, « Petolo » en koongo, dont les chansonnettes moquant son impuissance se chantent encore dans les campagnes du Congo, de la RDC et de l’Angola. La conférence de Berlin, dont il signera et reconnaitra les conclusions en 1888 achèvera le travail. Par cet acte, Petolo signera la vassalité du Kongo au Portugal.

 

C’est le début de la grande migration des originaires de la province de Nsundi, le Ba-sundi, vers le nord, l’actuel Congo Brazzaville. Les sundi du nord (Mpangala) étant d’immigration plus ancienne datant de Nzinga Nkuvu, tandis que ceux du sud (Louingui, Bouenza), bien qu’issus de la même province, n’arriveront qu’à cette période, et formeront les actuels kongos (laris, sundi, bahangala etc…) du Congo Brazzaville.  La royauté ne sera plus que symbolique.

 

 

 

                                              Source :historiensducongo.unblog.fr