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S.E. Osvaldo dos Santos Varela, au cours de son exposé

À l’initiative du FARA (Forum angolais de réflexion et d’action), l’Ambassadeur d’Angola en Suisse, Osvaldo dos Santos Varela a rencontré la communauté angolaise le samedi 28 janvier dernier à Genève. Le diplomate a, d’entrée de jeu, annoncé une suite à cette rencontre : «  À partir du mois de mars, nous irons dans tous les cantons à la rencontre de la communauté angolaise pour offrir gratuitement nos services à tous ceux qui souhaiteraient s’inscrire au consulat, de même qu’à ceux qui ont besoin de tous types de document... ». À noter que sur les 5.103 Angolais domiciliés en Suisse, seuls 2.610 sont inscrits à l’ambassade à Berne. Une situation que déplore l’ambassadeur : « On a souvent fait croire que l’Ambassade était au service du parti au pouvoir. Or, l’ambassade, en tant que représentation de l’État angolais, représente tous les citoyens angolais indépendamment de leurs croyances, de leur appartenance politique et de leurs origines ethniques, linguistiques ou raciales ».

 

L’ambassadeur s’est également engagé à améliorer l’accueil à l’ambassade en annonçant qu’il recevrait lui-même les Angolais le cas échéant : «  Je m’engage à recevoir, sans protocole, car la communauté est disséminée à travers différents cantons et que l’on doit parfois parcourir 2 à 3 heures de train pour se rendre à Berne, dépenser de l’argent pour aller à l’Ambassade. Alors si quelqu’un va à l’ambassade, je suis dans l’obligation de le recevoir et de l’écouter et c’est d’ailleurs pour ça que je suis payé. »

 

Selon les données statistiques fournies pas les services fédéraux d’immigration, la Suisse compte sur son sol 1.405 ressortissants angolais avec un titre d’admission provisoire Type F ou demandeurs d’asile politique, 1.947 détenteurs d’un permis de séjour temporaire Type B valable une année et renouvelable d’année en année, 737 au bénéfice d’un titre de séjour permanent du Type C alors que 1’014 d’entre eux ont obtenu la nationalité suisse. Il reste ceux déclarés indésirables par la Confédération helvétique et qui préoccupent également le diplomate : « Nous avons près d’une centaine d’individus en instance de refoulement et qui seraient de nationalité angolaise ; le conditionnel s’impose parce que l’information est de source suisse et n’ayant pas encore interviewé ces personnes nous ne sommes pas en mesure d’affirmer si ces gens sont de vrais Angolais ou pas. La guerre a divisé des millions de familles, nous avons de millions de réfugiés dans les pays limitrophes. Nous n’allons donc pas créer d’autres problèmes en obligeant les citoyens qui sont déjà établis dans la diaspora de rentrer précipitamment au pays. Au contraire, notre politique vise à encourager ces citoyens de s’insérer dans les sociétés de leurs pays de résidence. Avec ou sans papiers, ces compatriotes ont aussi contribué au développement des pays d’accueil. Alors, ils ne doivent pas être chassés comme des chiens. Ils doivent bénéficier d’un encadrement, d’une prise en charge sociale obligatoire de ces pays soit en termes de formation, soit en termes d’indemnisation. Et c’est seulement, dans ces conditions que ces citoyens, si toutefois ils le désirent, peuvent rentrer, de leur propre gré, au pays. ».

 

 

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Le Président du FARA, David Muanza Bongo

« Je voudrais ici lancer un appel à tous ceux qui n’ont pas encore procédé à leur inscription consulaire, de le faire car c’est aussi une manière de sauvegarder leurs intérêts, de garantir la nationalité angolaise à leur descendance. Notre loi sur la nationalité est basée sur le lien du sang qui signifie que l’enfant né de parents angolais est d’office Angolais indépendamment de son lieu de naissance. Sur ce, pour que vos enfants puissent en bénéficier, il est nécessaire que votre situation soit régularisée. Peu importe les documents que beaucoup d’entre vous avez apportés ici, et dont certains sont de faux. Ce que nous voudrions est que les citoyens s’inscrivent pour obtenir leurs documents légaux et puissent ensuite transmettre leur nationalité à leurs descendants ». Par ailleurs, Osvaldo dos Santos Varela s’est dit prêt à soutenir des projets culturels comme la création d’une bibliothèque, la promotion de la littérature angolaise en Suisse, des expositions de peinture, d’oeuvres d’arts, des productions d’une chorale, d’un groupe musical.

 

À la fin de sa longue intervention, l’Ambassadeur a répondu à quelques questions de l’assistance comme celle relative aux jeunes diplômés, nés ici, qui seraient prêts à mettre leurs compétences au service du pays d’origine de leurs parents : « Le pays a besoin de cadres. Tous ceux qui ont pu se former à l’étranger sont donc les bienvenus, mais il n’ existe encore pas de politique en la matière. Ceux qui vont au pays le font à leur propre initiative. Il n’ y a pas encore de politique de captation de ces cadres pour le pays. Néanmoins, il a été demandé aux grandes entreprises multinationales qui opèrent dans notre pays de privilégier le recrutement au sein de la communauté angolaise de l’étranger. Et c’est ce qui se fait. Et le peu de cadres qui rentrent au pays le font dans ce cadre là ».

 

Enfin, à la question d’un autre membre de l’assistance (ayant la double nationalité) confronté à la difficulté de renouveler son passeport échu, ou d’obtenir un visa angolais sur son passeport suisse, l’ambassadeur a donné cette réponse :« Ce qui détermine la nationalité quand on est à l’étranger, c’est le passeport… Durant de longues années de guerre qui ont secoué l’Angola, de nombreux réseaux de faussaires ont opéré en Angola et de nombreux étrangers en ont profité pour obtenir de faux documents. Alors tous ceux qui sont dans cette situation ou tous ceux qui ont des documents échus doivent s’adresser à l’Ambassade pour les renouveler… Nous reconnaissons aussi que beaucoup d’archives ont été détruits pendant la guerre mais le gouvernement accepte de faire une nouvelle inscription en présence de deux témoins. Donc il y a toujours possibilité d’être reconnu comme Angolais ».

 

Le Premier secrétaire de l’Ambassade, M. Manuel de Aguilar, qui accompagnait l’Ambassadeur, a pour sa part expliqué que cette personne pouvait, dans son cas, soit obtenir un visa sur son passeport suisse avec une lettre de prise en charge venant d’un parent ou d’un ami vivant en Angola, soit un tenant lieu délivré par l’Ambassade sur présentation, à l’appui de son dossier, de son passeport angolais échu et de sa carte consulaire.

 

Jossart Muanza (AEM)

 

 


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