Publié par fara

 

En activant le front diplomatique


L’adhésion de la République démocratique du Congo au schéma en gestion à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) n’a pas été un signe de faiblesse, précise-t-on dans les rangs du gouvernement. Au contraire, se défend-on, l’option diplomatique de la CIRGL a permis d’éviter qu’un drame d’une dimension incalculable ne s’abatte sur la partie Est de la RDC.


Un féru du monde diplomatique, spécialiste de la région des Grands Lacs, a trouvé des mots justes pour légitimer la voie tracée par le président de la République pour déjouer le piège de Kigali. « En optant pour la CIRGL, le président de la République a mis à nu la stratégie de Kigali qui n’avait plus de raison d’entretenir le flou dans l’Est. C’est en fait l’arroseur arrosé » s’explique-t-il. Et de poursuivre : « Que se serait-il passé à Goma si Kinshasa n’avait pas adhéré au schéma. L’on serait certainement en plein guerre, avec tout ce qu’on peut imaginer comme dégâts matériels et pertes en vies humaines ».


Peu important, pense-t-il, les plus sceptiques qui craignent que Kinshasa ne se soit affaibli en optant pour la démarche initiée au sein de la CIRGL. Le schéma de Kampala auquel Kinshasa a apporté tout son soutien avec le leadership avéré du président Joseph Kabila, a permis de non seulement de contourner d’éventuels obstacles pour une issue pacifique de la crise de la RDC, mais il a le mérite d’isoler le Rwanda, et dans une certaine mesure l’Ouganda, en les obligeant d’ôter leurs masques de complicité dans la rébellion du M23.


Par rapport au M23, l’accord conclu à Kampala dans le cadre de la CIRGL a fait bouger des lignes, contraignant les rebelles à revoir sérieusement à la baisse leurs ambitions. Sans Kampala, Goma, tout comme Sake, seront toujours sous contrôle de la rébellion.


Tout compte fait, Joseph Kabila a changé la position de Kigali, en rapport avec son soutien au M23. En activant l’option diplomatique, le président de la République a également fait éviter à la RDC une effusion de sang. En se mettant à la hauteur des défis et des enjeux en présence, le chef de l’Etat a gagné son pari.


Ce qui lui vaut aujourd’hui le soutien et l’accompagnement des pays tels que le Congo/Brazzaville et l’Angola qui se mobilisent pour participer à la résolution de la crise de l’Est de la RDC. Ainsi, malgré les accointances de l’Occident qui souffle le chaud et le froid en soutenant le Rwanda, le président Kabila est parvenu à inverser la situation en faisant basculer les événements en faveur de la RDC.


Invité de la chambre basse du Parlement, le ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, a loué la voie choisie par le président de la République démocratique du Congo, rappelant que dans l’accord de mars 2009 sur lequel le M23 justifie son mouvement, Kinshasa a respecté tous ses engagements.


Dans la liste des engagements que le gouvernement a respectés, le ministre Tshibanda a cité notamment : « la nomination de plusieurs cadres de CNDP aux postes de responsabilité ; la promulgation d’une loi d’amnistie par le président de la République portant sur des faits de guerre et non sur les crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ; l’installation de quatorze locaux permanents de conciliation ; la fermeture de seize camps de déplacés internes ; la prise en compte du rapatriement des Congolais refugiés dans des pays voisins ». « Donc, l’Etat congolais a rempli ses engagements aux termes de l’accord de 2009 », a conclu Raymond Tshibanda.


En tout et pour tout, le président Joseph Kabila a fait changer la position de Kigali et de Kampala dans ce dossier et bien d’autres.

 

 

                                                                                     

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