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Par  Herman Bangi Bayo
 
 
 
 
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Le chanteur Joseph Kabasele alias Grand Kallé| Photo d’archives

L’Institut National des Arts (INA) a servi de cadre, le 14 février 2014, à une manifestation en hommage à Grand Kalle, musicien engagé, panafricain, dont la voix résonne à jamais dans l’hymne des indépendances, Indépendance cha cha. Né en 1930 à Matadi et mort le 11 février 1983 à Kinshasa, il a été dépeint par Yoka Lye Mudabe, directeur général de l’INA, comme « Celui qui a formaté la structure des orchestres tels qu’ils existent actuellement et qui fut également le premier à avoir fondé une maison d’édition, le Surboum African Jazz, à avoir amené un orchestre en Europe et l’un des premiers à militer pour la mise en place d’une maison collective pour la protection des droits d’auteurs au Congo. »


Au-delà ces actions de pionnier pour la promotion de l’artiste, le professeur Yoka a également évoqué « un musicien engagé, un grand nationaliste-lumumbiste » qu’il a déclaré le premier héros national en plus d’exprimer son engagement à travers plusieurs chansons qualifiées de révolutionnaires. « Fidèle à ses idéaux de nationaliste, il est le seul musicien qui n’est pas tombé aux cris de sirènes du parti-État caractérisé par le culte de personnalité voué au maréchal Mobutu. Quant au domaine musical, on ne peut pas parler de Grand Maître Franco et du Seigneur Ley sans parler de Kallé, leur mentor comme ils l’ont souligné dans leur œuvre commune ‘’lisanga ya banganga, en le désignant comme le père de la musique moderne, le premier à avoir internationalisé la musique congolaise tout en domestiquant et s’appropriant de la musique afro-cubaine. »


 Toujours à travers ses engagements, Grand Kallé a fait partie du groupe de ces évolués qui ont lutté dans les années 60 pour la mise en place de la Cultrana ( Culture traditionnelle négro-africaine) avec Kanza, Edouard Lutula, Bolamba, Lomami, Mongita, Maître Taureau... Une idée qui préfigurait déjà la création d’un conservatoire qui aboutira plus tard à la naissance de l’Institut National des Arts.

 

Dans un autre registre, Dr Mayengo, philosophe, poète, peintre et critique d’art, a souligné que « c’est dans la musique que notre poésie s’est réfugiée quand la poésie écrite tardait à s’exprimer et quand les nègres étaient réduits en esclavage et à la colonisation. » Et de soutenir que la Nation « ne l’a pas honoré à sa juste valeur et à la mesure de son œuvre notamment la création de l’école Fiesta avec un chapelet d’orchestres qui en sont issus de l’African Fiesta aux Wenge Musica en passant par Los Nickelos, Zaïko Langa Langa, Vox Africa, Afrisa, Viva la Musica, Victoria Eleison, Quartier Latin, etc. »

 

La manifestation s’est clôturée par une animation de l’orchestre de l’INA et des exhibitions des pas de danse.

 

 

Via http://afriquechos.ch

 

 

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