Publié par fara

JOSEPH KASA-VUBU : LE HERO OUBLIE DE TOUS

JOSEPH KASA-VUBU : LE HERO OUBLIE DE TOUS

- Naissance à Kikuma Dizi près de Tshela (Bas Congo )
- Etudes primaires à Kizu (Mayombe Bas Congo)
- Etudes secondaires à Mbata Kiela au petit séminaire des pères de Scheut (Mayombe Bas Congo)
- Etudes supérieures 1936-1939 à Kabwe (Kasai) grand séminaire des pères de Scheut
- 1940 Moniteur à Kangu
- 1942 fonctionnaire dans l'administration coloniale.
- 1946 premier discours officiel politique dans l'UNISCO (les droits du premier occupant)
- 1954 Secrétaire général de l'ADAPES (association des anciens élèves des pères de Scheut ).
- 1954 Elu Président Général de l'ABAKO.
- 1957 Elu Bourgmestre de la commune de Dendale (Léopoldville).
- 1958 A l'occasion de son installation comme bourgmestre, le 20 avril, Joseph KASA-VUBU pronnonça un discours remarqué, réclamant l'autonomie interne. pour la population du Congo
- 1958 En octobre, il réclame l'indépendance immédiate et inconditionnelle pour le Congo.
- 1959 Prisonnier politique avec ses compagnons de l'ABAKO après les émeutes du 4 janvier 1959.
- Libéré en mars 1959 par le Ministre des Colonies VANHEMELRIJK.
- 1960 Il participe à la Table Ronde de Bruxelles, réclame la Constituante et le gouvernement provisoire en vue de la passation des pouvoirs à l'indépendance.
- 1960 Elu Député à la Chambre des Représentants et ensuite Président de la République.
- 1965 Coup d'Etat de MOBUTU. Il est relégué à BOMA (Bas Congo) où il meurt en 1969, le 24 mars.

>> DISCOURS DU PRESIDENT KASA-VUBU DEVANT LES CHAMBRES REUNIES jeudi 27 juillet 1961 à Lovanium.

Messieurs les Députés, Messieurs les Sénateurs,

« Depuis plus de dix mois notre malheureux pays connaît des épreuves terribles. Les passions politiques se sont déchaînées.

En des nombreux endroits, les enfants de ce pays se sont affrontés et entre-déchirés. Des forces centrifuges ont joué, et menacent gravement l'unité de l'héritage du 30 juin 1960.

Certaines influences extérieures ont attisé les dissensions cherchant à faire de notre pays, le théâtre idéal de la guerre froide. Cette crise politique terrible a compromis la sécurité des personnes et des biens, elle a ébranlé les structures économiques et les finances publiques, elle a provoqué un chômage dramatique.

Pour mettre fin à ce cauchemar, il a été question depuis des mois de réunir le parlement.

Car, seule une solution parlementaire peut résoudre définitivement la crise actuelle (.) Aussi, c'est avec émotion, c'est avec un véritable soupir de soulagement que je salue la rentrée en scène du parlement.

Messieurs les Députés, Messieurs les Sénateurs,

C'est, aujourd'hui, je crois la date la plus importante depuis notre indépendance, parce que mûris et fortifiés par l'expérience du malheur, vous vous retrouvez, tous, décidés à oublier suffisamment ce qui vous a opposé pour vouloir avant tout sauver le pays.

C'est surtout votre volonté d'entente, c'est votre volonté d'aboutir qui ont permis la réouverture du Parlement (.) Ce qui convient au pays au moment où il va élaborer sa constitution, c'est un gouvernement de large union nationale dans toute la mesure du possible. Car, il faut un esprit d'entente nationale pour régler le problème essentiel des futures structures du pays et seul un gouvernement d'union nationale est capable de promouvoir les majorités spéciales requises pour le vote de la Constitution.

Mais, ce que le pays attend surtout de vous, Honorables Députés, Honorables Sénateurs, c'est que vos travaux se déroulent dans un véritable esprit d'entente.

Pour une jeune République qui vient à peine de célébrer son premier anniversaire, nous avons eu plus que notre part de deuil. En jetant un regard circulaire sur cette Assemblée, je me remémore les visages d'amis nationalistes congolais qui étaient avec nous à Kisantu, à Bruxelles, mais qui aujourd'hui, ne sont plus.

Ils étaient tous si jeunes. Peu de pays peuvent se permettre de perdre prématurément une si grande partie de leur élite.

Mais, en plus de tous les disparus dont j'ai personnellement les souvenirs, je me dois de vous rappeler les innombrables autres Congolais dont les corps mutilés ont inscrit une page sombre de notre Histoire.

On peut difficilement imaginer que tant de souffrances, que tant de lourdes pertes aient pu se produire dans un si court laps de temps. Je vous invite, Honorables Sénateurs, Honorables Députés, à vous lever et à observer une minute de silence à la mémoire de tous les parlementaires et de tous les autres Congolais morts pour que vive la Patrie.

Messieurs, je vous invite à oublier tout le passé.

Il y a eu des deuils dans tous les camps.

Plutôt que de se livrer à l'esprit de vengeance, entendons-nous pour sauver le pays, qui, sinon, risque de mourir(.) Messieurs, nous dénonçons volontiers certaines influences étrangères comme responsables de la crise congolaise.

Et, nous avons raison. Nous médisons volontiers de la Loi Fondamentale comme ne nous convenant pas.

Nous avons raison.

Mais ce qui est encore plus vrai, c'est que nous ne résoudrons nos problèmes difficiles que par nos propres forces. c'est en nous-mêmes que se trouve la solution de la crise.

C'est de notre volonté d'entente, c'est de notre volonté d'aboutir. »

Via Facebook/Grupo Royaume do Kongo